Préparer un fichier Word à la transformation en ebook

Que vous soyez un fervent amateur d’écriture manuscrite ou non, l’étape de dactylographie est indispensable si vous souhaitez partager un jour vos textes en ebook. L’utilisation d’un logiciel de traitement de texte est un passage obligé, et cette étape, qui a l’air si simple, ne doit pas être négligée. Comment vous y prendre ? Passons tout en revue.

Si votre objectif est d’obtenir un bon rendu sur liseuse, vous ne pourrez pas vous contenter d’une simple conversion en pdf ! Il vous faudra au moins transformer votre texte en .epub (format le plus courant, utilisé sur Kobo par exemple) et en .mobi (utilisé par les Kindle d’Amazon). Le lecteur aura le loisir de changer la police, d’augmenter la taille du texte… des fonctionnalités améliorant le confort de lecture, mais qui nécessitent de conserver une mise en page correcte, et demandent donc un fichier de base rédigé de façon exemplaire. Les titres, les paragraphes, les espacements… Tout cela doit être maintenu en l’état. Un bon nettoyage est donc souvent nécessaire.

Si au début, la préparation à la conversion de votre document texte va vous paraître complexe, ne perdez pas espoir. Comme la plupart des manipulations informatiques, c’est une simple question d’habitudes. Le plus difficile ne sera pas d’apprendre les bonnes, mais sans doute de se débarrasser des mauvaises.

Les mauvaises habitudes du WYSIWYG

De nos jours, beaucoup de gens sont habitués aux traitements de texte dits « WYSIWYG » (what you see is what you get), c’est à dire aux logiciels qui affichent sur écran une version du document très semblable à ce qu’il sera une fois imprimé. Cliquez sur « gras » et le texte à l’écran se met en gras. Appuyez sur « Enter » et le passage à la ligne se fait en direct. Pour la plupart d’entre nous, ceci est tout à fait normal, voire même : il n’existerait rien d’autre. Ce n’est pas aussi simple. Ça n’a pas toujours été le cas. Le WYWIWYG est une évolution qui a permis la popularisation de l’informatique bureautique dans un monde où il fallait, avant, pouvoir fournir une instruction au logiciel pour lui demander de mettre du texte en gras, et attendre une seconde étape pour constater que la mise en page souhaitée avait bien été effectuée. Un vrai travail de programmeur. Les puristes, comme les utilisateurs de LaTeX s’amusent encore avec du « non-WYSIWYG » de temps à autre, pour du traitement de texte. On joue donc avec du \textbf{} pour la mise en gras, \textit{} pour l’italique, etc.

Pourquoi est-ce que j’en parle ? Parce que sans le vouloir, le « tout à l’écran » nous fait adopter des comportements dangereux pour la transformation en ebook, problèmes qui n’existent pas lorsqu’on doit programmer sa mise en page, puisque toute la structure est visible. Si vous faites changer la police ou la taille des caractères de votre texte, et que tout vous semble décalé, déformé par rapport à l’original, au lieu d’un simple changement de style ou d’échelle, alors c’est que vous faites des erreurs de ce type :

  • décaler un texte vers la droite en appuyant de multiples fois sur la barre espace ;
  • aller à la page suivante en appuyant plusieurs fois sur Enter ;
  • garder des pages blanches à la fin d’un document pour des raisons inconnues ;
  • créer des listes à puce avec un tiret pour les dialogues ;
  • créer vos titres et vos sous-titres manuellement, au départ de texte normal que vous agrandissez.

Le piège est qu’en faisant tout ça, et sans réaliser de grands changements entre le début et la fin de votre rédaction, vous obtiendrez un rendu imprimé correct. Mais ils vous empêcheront de fournir à vos lecteurs un ebook de qualité. Et pour cause : pour être lu sur tablette, smartphone, et surtout liseuse, votre texte va être converti dans un autre format. En clair, les polices vont changer d’aspect, de taille. Il faudra que l’ensemble reste lisible, et beau.

Nous n’avons pas le choix : pour un rendu numérique optimal, il faut préparer le texte au mieux.

Au point de départ, un fichier Word

Vous avez écrit votre texte sous forme d’un document Word et êtes prêt à faire le travail de mise en page. Dans l’onglet accueil, juste avant la liste des styles, vous trouverez un bouton représentant une sorte de P à l’envers.

Presser ce bouton permet de mettre en évidence toutes les marques de mise en page invisibles : espaces, passages à la ligne, espaces insécables… Pas de panique, ces symboles ne passent pas à l’impression.

Observons avec un morceau de texte :

Tout ce qu’il ne faut pas faire

Voici à quoi correspondent les symboles :

La première image contient une panoplie de problèmes qui apparaîtront à la future conversion.

  • Lignes 2, 7, 11 à 14 : les dialogues ont été écrits avec une liste à puce.
  • Lignes 3, 6, 9 : Une série d’espaces ont été utilisés pour l’indentation.
  • Lignes 8 et 13 : En bout de ligne, il y a deux espaces inutiles avant le passage à la ligne.
  • Ligne 15 : Espaces qui ne servent à rien.

Qui plus est, le texte n’est pas justifié (il est aligné à gauche, mais pas à droite).

Corriger son texte

  1. Justifiez le texte. Par défaut, Word aligne à gauche. La justification permet l’alignement à gauche, à droite et l’ajustement des espaces en conséquence. La commande clavier est ctrl+j, et l’icône se trouve dans la zone « paragraphe » de l’onglet accueil.
  2. Supprimer tous les espaces indésirables, comme les doubles espaces (symbolisés par deux points en milieu de ligne, les espaces en fin de ligne (avant un retour).
  3. Veiller à placer des espaces insécables avant les points d’interrogation, d’exclamation, les deux points et dans les guillemets. Commande : ctrl+MAJUSCULE+ESPACE. Ceci vous évitera d’avoir un point d’exclamation tout seul sur une ligne, par exemple.

Corriger ses dialogues

Les listes à puce posent problème lors de la conversion d’un fichier Word. Il faut donc remplacer les lises de tirets par des paragraphes normaux, précédés d’un tiret. Plusieurs choses sont à faire pour y parvenir.

  1. Empêcher Word de créer automatiquement une liste de puces à chaque fois que vous tapez TIRET+ESPACE. Pour ce faire, cliquez sur Bouton Office > Options Word > Vérification > Options de correction automatique >Lors de la frappe > Listes à puces.
  2. Utiliser un joli tiret. Le trait d’union standard étant très moyen, j’utilise personnellement le tiret demi-cadratin obtenu en tapant deux tirets d’affilée directement après un mot, puis en recommençant à écrire : —. Tapez-en un, copiez-le, et démarrez vos dialogues avec ce symbole, suivi tant qu’à faire d’un espace insécable.

 Corriger ses titres et ses styles

On aurait pu commencer par là. La gestion des styles dans Word est d’une grande importance pour obtenir une mise en page correcte. Cela devrait vous éviter bien des erreurs, et bien des ennuis. Terminé de surprendre un soudain changement de police de caractère dans un nouveau paragraphe. Tout peut être automatisé.

Pourquoi doit-on gérer ses styles d’écriture dans Word ?

L’utilisation la plus courant de Word consiste à changer de police de caractère manuellement dès qu’on en a besoin. Cela est pratique pour les petits textes et si on reste en .doc, mais n’oubliez pas que pour transformer votre document en ebook, il devra passer par un convertisseur. Et les convertisseurs n’aiment pas, semble-t-il, les initiatives manuelles prises au fur et à mesure de l’écriture. Une conversion correcte nécessite d’identifier clairement les paragraphes des titres, les paragraphes commençant à une nouvelle page… Créer une palette de styles est donc presque une obligation.

Comment ça marche ?

L’idée maîtresse est que la mise en page manuelle fonctionne rarement. Il faut donc modifier les styles de texte en tant que paragraphes. Cela vaut aussi pour les sauts de page (surtout les sauts de page). Nous y reviendrons.

Que mettre dans notre palette de styles ?

Pour commencer, il faut se mettre d’accord sur ce dont on a besoin. Personnellement, j’ai choisi d’écrire en Times 12, et que mes paragraphes commencent par un alinéa plutôt que d’être séparés par un interligne (en général on vous conseille de choisir : soit l’alinéa, et des paragraphes « collés » les uns aux autres, soit des paragraphes séparés par un espacement… Mais pas les deux à la fois !). Je suis donc allé effectuer un clic droit sur le style « Normal » de Word, pour le modifier et y entrer ces paramètres (la police, la taille, l’alinéa, l’absence d’espacement avant et après).

Sensible à la mise en page anglo-saxonne, j’ai décidé de commencer le tout premier paragraphe de chaque partie d’un texte sans alinéa. Au-delà de l’aspect esthétique, cela permet de marquer une pause dans le récit, lorsqu’on passe entre deux histoires parallèles, qu’on effectue un flashback ou une ellipse narrative. J’ai donc modifié un second style de la même manière, en le basant sur le « Normal ». J’en ai ensuite créé un troisième en demandant spécifiquement qu’il commence à une nouvelle page (qu’il soit donc précédé automatiquement d’un saut de page). C’est à ma connaissance le seul moyen de ne pas faire planter la conversion lorsqu’on veut passer d’une page à l’autre. On oublie le enter-enter-enter. On oublie le CTRL+Enter à la fin d’un paragraphe. Prévoyez un style « Nouveau paragraphe nouvelle page » basé sur le style Normal.

Vous avez compris le principe. Au total, j’utilise quatre ou cinq styles différents, essentiellement pour les titres, les remerciements, les crédits.

Lorsque vous aurez constitué votre palette de styles, un clic droit sur l’un d’eux vous permettre d’ajouter cette palette à la « galerie de styles rapides ». Dans tout futur document Word, vous aurez ainsi accès à votre choix de mise en page personnelle via le bouton « Modifier les styles ». Bien pratique !

Insérer liens, signets, images

Si vous avez respecté ces quelques recommandations, vous devriez déjà avoir en face de vous un document Word propre. Un bon petit plus consiste à ajouter un sommaire, qui pourra envoyer le lecteur directement au texte à lire, aux remerciements, aux crédits…

Cela se fait en deux étapes. Admettons que vous souhaitiez ajouter un lien cliquable « Remerciements » qui envoie directement le lecteurs à la fin de votre document, dans la section du même nom. Rendez-vous à l’endroit où vous souhaiteriez que le lecteur atterrisse et cliquez (gauche). Ouvrez l’onglet « Insertion » et cliquez sur « Signet ». Donnez-lui un nom (par exemple, « remerciements », ajoutez-le et fermez). Vous venez en quelque sorte de marquer un emplacement particulier du texte.

Revenez maintenant à votre sommaire, où figure le mot « Remerciements » qui n’est pas encore un lien. Sélectionnez le mot dans son ensemble, et toujours dans l’onglet « Insertion », cliquez cette fois sur « Lien hypertexte ». Dans la fenêtre qui s’ouvre, choisissez à gauche « emplacement dans le document ». Vous devriez voir apparaître votre signet « remerciements » dans la liste. Validez… et voilà ! Recommencez autant que nécessaire.

Insertion d’images

Pour ce qui est des insertions d’images, on évitera le copier-coller. Utilisez l’onglet « Insertion » puis « Image ». D’expérience, mes conversions ont planté lorsque j’ai utilisé autre chose que du jpg. Et je vous avoue ne pas m’être risqué à introduire d’image dans le texte, en modifiant l’habillage… Si vous avez plus d’expérience dans ce domaine précis, n’hésitez pas à en parler en commentaire.

Un détail qui a son importance : la couverture de votre ebook n’est pas supposée se trouver à l’intérieur du document texte. Mais a priori rien ne vous empêche de l’y glisser. Encore une fois, méfiez-vous tout de même du résultat à l’affichage pour une insertion d’image.

Vous savez tout

Voilà qui est dit ! Vous devriez avoir en principe toutes les cartes en main pour parvenir à constituer un texte Word propre, pour une conversion en ebook sans encombre sur Smashwords… ou Calibre si vous l’utilisez. N’hésitez pas à poser des questions, à réagir, à partager votre avis ou votre expérience en commentaire !

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