Licence libre : va-t-on voler mes livres ?

Tous mes ebooks passent sous la double licence CC-BY-SA et Art Libre. Vous pouvez désormais partager, modifier, adapter mes nouvelles et mon roman pour toute utilisation, y compris commerciale, aux seules conditions de me mentionner comme auteur original et de diffuser sous les mêmes licences. Laissez-moi vous raconter comment j’en suis arrivé là.

Libre diffusion

Depuis 2014, j’ai publié mon roman et mes nouvelles gratuitement, en permettant à tout un chacun de partager chaque texte s’il le souhaite, et ce grâce à la licence de libre diffusion Creative Commons CC-BY-NC-ND, c’est à dire que tout le monde peut partager mes textes à condition de me créditer comme auteur, de ne pas concevoir de produits dérivés et de ne pas en faire d’usage commercial.

Mon objectif : faire correspondre mon travail d’auteur du web à la réalité des modes de consommation offerts par Internet, en autorisant explicitement tout un chacun à partager mes récits s’ils leur avaient plus.

Il faut en effet ouvrir les yeux. Sur Internet, tout se partage, tout se diffuse, légalement ou non. En choisissant dès le départ les Creative Commons, j’ai marqué mon accord pour certains types d’utilisation de mes œuvres. Cela n’aurait sans doute pas empêché une personne mal intentionnée de voler, détourner ou vendre mes textes… mais un copyright strict non plus. En revanche, les personnes bien intentionnées savent depuis des années qu’elles peuvent, en toute légalité et avec ma bénédiction, partager ce qui leur a plu au maximum.

Va-t-on voler mes livres ?

Ma réflexion a progressé ces dernières années, notamment en participant à des conférences et en voyant naître divers projets sous des licences Creative Commons bien plus ouvertes que la mienne, finalement très fermée.

Je me suis alors demandé : qu’est-ce qui m’empêche de passer de la libre diffusion au libre tout court ? Pourquoi est-ce que j’autorise la diffusion et pas la modification ou l’utilisation commerciale ?

La réponse, je l’ai trouvée chez moi, mais aussi chez de nombreux auteurs indépendants : j’avais peur d’écrire quelque chose de vraiment bien, au point qu’un éditeur, qu’un auteur de BD ou qu’un réalisateur de film décide d’en faire quelque chose… sans que je ne touche un sou, ce que permettent les licences libres.

Avouez que c’est quand même dingue d’avoir peur de bien faire son travail.

Passer le cap de l’Art Libre

Aujourd’hui, je fais le pas. Voici les réflexions et les raisons qui m’y ont poussé – et qui, je le crois, devraient vous inciter à passer le cap également.

  1. Il est très peu probable que vous et moi écrivions le prochain Harry Potter. Même J.K. Rowling n’écrira pas de prochain Harry Potter.
  2. Une personne mal intentionnée qui déciderait de voler nos livres le fera. Sous licence libre, sous copyright, peu importe, elle le fera et elle sera en tort.
  3. En cas de vol, nous pourrons porter plainte. Plusieurs tribunaux ont déjà admis la consistance juridique des Creative Commons. S’ils ne le font pas, on retombe sur du copyright classique ;  le vol devrait donc rester punissable dans tous les cas.
  4. Admettons. Admettons que nous écrivions quelque chose d’exceptionnel au point qu’il soit utilisé commercialement sans que nous n’en bénéficiions directement. Cela nous fera au moins une excellente publicité, améliorant ainsi notre visibilité et le nombre de nos donateurs. Et cela nous ouvrira peut-être les portes vers d’autres collaborations pour lesquelles une rémunération directe sera envisagée. Et sortir de la masse des auteurs indépendants qui peuplent Internet, voilà qui pourrait bien nous rendre un fameux service.

Je ne dis pas que c’est simple. Ce n’est pas facile d’accepter de prendre ce risque. Mais au vu des quatre points que je viens de vous exposer, mon choix est fait. Désormais, vous pouvez lire mes nouvelles, les télécharger gratuitement, les partager avec vos amis, mais aussi les traduire, les illustrer, en imaginer une suite ou un prequel, écrire des histoires parallèles et les faire éditer, vous faire des t-shirts de vos citations préférées, … tout ça sans verser un sou, pourvu que vous respectiez la licence CC BY-SA, ou Art Libre qui lui est équivalente.

Faites-vous plaisir. Ces histoires sont pour vous.

 

Photo : “Creative Commons 10th Birthday Celebration San Francisco” by Timothy Vollmer sous licence CC BY 2.0

 

NB : il se peut qu’il faille un peu de temps pour que les fichiers hébergés sur Smashwords, iTunes, Kobo, … se mettent à jour. Les crédits peuvent donc mentionner la CC BY-NC-ND encore un petit moment, le temps que la mise à jour soit effective.

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2 réponses sur “Licence libre : va-t-on voler mes livres ?”

  1. Je souhaite sincèrement que le partage de vos œuvres sous licences CC vous soit bénéfique tant au plan des retours de vos lecteurs que sur celui de la diffusion du contenu.
    Vraiment, bravo pour votre démarche et pour votre contribution.

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